Article paru dans le Parisien (19/12/2006)
Après l'affaissement d'une cave, les commerçants s'entraident
Gilles CORDILLOT
Depuis hier matin, les clients de la pharmacie au 18, rue de Paris à Champs-sur-Marne sont invités à déposer leurs ordonnances juste en face, chez la fleuriste. Tandis que, sur le rideau de fer baissé de l'épicerie mitoyenne, une affichette encourage ceux qui veulent des fruits et légumes à se rendre à la salle du presbytère. Même si tout cela peut paraître étrange, c'est pourtant très sérieux. Depuis l'effondrement, vendredi soir, d'une cave située sous l'épicerie, la solidarité commerçante s'est organisée.
Crocifissa Fligliola reste debout devant la pharmacie, décontenancée. " Je dois acheter du sirop contre la toux, et je ne sais pas combien il coûte... Tant pis. Je vais aller ailleurs... A Mattéoti ou même chez Carrefour. Mais ça fait loin. " Finalement, elle confiera, non sans réticence, son ordonnance à Christelle, la fleuriste. Le pharmacien espère rouvrir son officine demain ou jeudi. Auparavant, des travaux de confortement devront être réalisés afin que les clients ne courent aucun risque.
En revanche, Jean-Pierre Richard, l'épicier du Cours des Halles, ne rouvrira probablement jamais. Car, chez lui, les dégâts s'avèrent beaucoup plus sérieux. " De la cave, on voit le parquet de mon magasin, explique Jean-Pierre. Un confrère épicier m'a acheté tous les légumes qu'il a pu. Et la municipalité me prêle la salle du presbytère pour écouler le reste, j'avais l'intention de prendre ma retraite en 2007. Je vais certainement avancer un peu cette date. Le plus désolant, c'est que maintenant le fonds de commerce est devenu invendable... "
Mais il reste encore à régler le cas des locataires qui habitent les étages supérieurs du bâtiment, soit quatre logements en comptant celui du pharmacien. " Un étudiant a été accueilli dans de la famille, explique la mairie. Un autre a réussi à se reloger lui-même. Reste une solution à trouver pour une famille avec deux enfants. " Actuellement, la mairie paie pour son hébergement provisoire à l'hôtel Ibis".
Encore une année où l'automne se prolonge jusque fin décembre à Champs (sur les trottoirs de certains quartiers). En effet, la mairie ne doit pas trouver nécessaire de nettoyer les amas de feuilles qui stagnent depuis maintenant plus de deux mois en particulier dans le quartier des bords de marne. Il a fallu téléphoner aux services techniques pour qu’une équipe daigne se déplacer et…nettoyer 10m²(l’équivalent de mon trottoir…) ; mes voisins n’ont donc pas eu droit au même privilège.
Je ne sais pas si c'est juste une impression, mais j'ai cru remarquer que notre ville manquait cruellement d'animation.